À propos de Belette Optimiste

Pétillante belette très curieuse, grande observatrice du quotidien et de la "faune" du transport en commun, maniaque de mots et de points d'exclamation!!!!!

Chronique du calepin jaune: La gérante d’estrade

Ah, belle province (à ne pas confondre avec le temple du hot-dog à 99 cennes)! Quelle beauté quand tu vibres hockey en choeur! Heureusement, nos Glorieux sont l’antidote aux grands maux de ce monde, dont la hausse du prix de l’essence, la déprime post-électorale ou pire encore, la surdose de la publicité de Trivago, avec son insupportable zouave en bedaine à l’air béat.

On en parle partout! (du hockey, pas du zouave!) Mona, la caissière aux mèches fuschia de la pharmacie, analyse la numérologie des matchs en emballant les commandes!  Si en plus le jeune commis du dépanneur, celui avec des taches de rousseur, s’extasie sur Ginette Reno, la fièvre est vraiment contagieuse!

Les séries éliminatoires, ce sont les Olympiques du gérant d’estrade.  Aurevoir l’expert en skeleton qu’on était durant les Jeux de Sochi, on s’auto-proclame spécialiste de l’attaque à 5!! On en rencontre parfois dans l’autobus…

Autobus 45 Papineau, heure de pointe d’un soir de tempête. La neige bloque tout et les autobus peinent à se rendre au métro, malgré les incantations de François, le formidable contrôleur du métro Papineau, qui se met même à genoux en pleine rue. Un autobus arrive enfin. Il est aussi attendu que l’album d’Olivier Dion ou vos vacances d’été (au choix). François nous encourage:

– Mesdames, messieurs! Je vous invite à aller dans le fond et à vous tasser le plus possible pour qu’un maximum de personnes montent dans l’autobus et que tout le monde puisse écouter ses programmes à 8 heures!

Rire général. On obéit.

Comme c’est Unité 9 ce soir, j’ai rarement vu des gens plus heureux de respirer dans le capuchon de castor-mort-de-peur du voisin. L’autobus démarre, plein à craquer. Au coin de Sherbrooke, les vaillants employés, infirmières et résidents de l’Hôpital Notre-Dame vont sauver des vies et apaiser des souffrances, nous laissant ainsi un peu d’air. On repart.

Une voix de femme s’élève, décidée mais sympathiquement autoritaire. Je ne la vois pas, je respire dans le dos d’un jeune homme de 8′ 12" affublé d’une tuque rose  à face de singe. (C’est euh… spécial, comme disait Maman Belette devant mes tentatives capillaires, dont ma permanente style «brebis égarée».)

– Boooon! Qui est-ce qui laisse sa place au p’tit monsieur qui est là? Y’est vieux pis y’est ben-ben fatigué, qui lui donne sa place? Quiiii?
Vous monsieur là, vous voudriez pas qu’il tombe sans connaissance sur vous toujours, y sort de l’hôpital!! Ça vous tente? C’est ça j’me disais!

Brouhaha amusé de gens qui se déplacent sans rechigner.

Un peu plus loin, Madame Haut-parleur reprend.

– Boooon! J’ai ici une dame trèèès enceinte au teint vert, qui va écraser d’une meunute à l’autre!
(Qui dit mieux!?)
Qui lui laisse sa place, quiiii? Toi, la jeune, svp?
(Pas de réponse)
HÉ TOI, LA JEUNE AVEC TES ÉCOUTEURS JAUNE ORANGE?!

– Quoooiii, My Godddd!?
– Me semble que ça te tente de laisser ta place à ma p’tite madame enceinte ici, tu serais ben-ben fine!?!

Nouveau brouhaha amusé de gens qui jouent à la chaise musicale. Personne ne se plaint, tout le monde jase. Madame Haut-parleur a agrémenté un trajet pénible tout en aidant des personnes un peu vulnérables. Bravo!

Contrairement à elle qui a osé, un gérant d’estrade ne fait que pelleter des nuages et exposer ses grandes théories, sans rien faire de concret. On ne souhaite pas à Michel Therrien de rencontrer Madame Haut-parleur!
– Boooon! J’ai ici un joueur qui se traîne les pieds, qui lui laisse sa place dans les gradins, quiii?

Go Canadiens go!

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Chronique Spéciale 1 an déjà: Sandales blues

Gênée, je suis. Vous avez probablement pensé que je vous avais lâchement abandonnés. Ou pire, que j’avais vendu mon nom de domaine à Gab Roy, occupé à vous concocter une chronique trop vulgaire pour vos chastes yeux, sur le scrapbooking porno ou la version heavy metal de Soirée Canadienne!?

Note au lectorat «d’un autre âge»: Gab Roy est un humoriste-vloggeur à l’humour douteux, en recherche de salles, de public et peut-être d’un avocat. Imaginez une version moderne de Zidore Leclerc du téléroman Le Temps d’une paix, armé d’un mégaphone à vingt-six batteries, assez puissant pour que ses «maldisances» se rendent en ville!

Soyez rassurés! Voyez-vous, les médicaments qui, enfin, empêchent mon pied mariton de se prendre pour Jeanne d’Arc au bûcher (sans les voix, ni la coupe de cheveux au fusil du film) font que Morphée m’appelle à toute heure de la nuit mais surtout du jour… Plus insistante qu’elle, c’est la maudite machine téléphonique qui veut «donner» des croisières! Le nain Dormeur ne devait pas écrire beaucoup; moi non plus.

Ce soir, des flocons osent tomber sur la ville. Un affront après la douceur tardive mais d’autant plus appréciée des derniers jours, permettant joies de terrasse ou d’orteils! Étonnamment, Facebook ne gère ni crise d’hystérie collective, ni brosse à la crème solaire 60, odeur de noix de coco (ou-a-che!). Retour aux bottes, les sandales seront de retour après… euh… (insérer ici un effet sonore de  sanglots désespérés)

2013 était bien différent. Nul besoin de s’emmitoufler comme un caniche frileux arborant une disgracieuse tonte lion. L’autobus 45 Papineau, tout guilleret en ce printemps hâtif, m’a offert l’amusante vision des premières sandales de l’année, le 30 mars!  Brunes à languettes de velcro, portées avec des chaussettes noires à l’envers, avec les petits cordons de fils oscillant au gré du vent, ou de la porte qui s’ouvre, selon votre amour de la poésie. Le summum du sens pratique et de la prudence pour éviter un rhume! Tout le contraire du 30 mars dernier, entre deux bourrasques de neige!

Autre souvenir de 2013, il y a un an aujourd’hui… La première fois, on a les mains moites, le coeur battant, le toupet de travers, on est maladroit, on espère bien faire… Ma première fois sur le bouton «Publier» de ce blogue! Allais-je être lue, à part par quelques bonnes âmes «obligées»? Je me demandais parfois, pour moi mais surtout pour vous, paraphrasant la superbe chanson de Louise Forestier, «Pourquoi bloguer quand il y a tant à faire?» En relisant les paroles de Pourquoi chanter, malgré «Le temps précieux des gens soucieux», la meilleure réponse m’est apparue, comme par magie:

Pour le plaisir, le pur plaisir
D’échanger quelque chose

Juste ça. Ou savoir que je vous ai offert un sourire, un jour gris où vous en aviez besoin (moi aussi). Le début d’une formidable aventure, tellement enrichissante grâce à vous! Des tonnes de mercis, mais (presque) tout le plaisir est pour moi. Vraiment.

Permettez que je vous embrasse,

Votre Belette reconnaissante

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Chronique à cloche-pied: du rien et des petits bonheurs

Ah, mes amies et amis de l’autre côté de l’écran… À cloche-pied depuis belle lurette, suite à ma malencontreuse rencontre avec un VUSVL, la semaine dernière a été particulièrement pénible. Je n’avais rien à dire (certains diront avec raison: Ça, c’est rare!!).

Le grand vide de l’écran blanc.

Le curseur qui clignote, seul au monde.

Le vide intersidéral dans ma boîte à idées. Rien.

Je n’avais pas de sourire à vous offrir, je n’en avais qu’à prendre et je ne pouvais pas vous faire ça!

Une Belette sans sourire, c’est comme une fête sans gâteau, une nutritionniste qui achète une palette de Whippet, un politicien qui tient ses promesses ou un flacon qu’on ouvre sans s’amputer un doigt, c’est presque impossible! (Voulez-bien me dire pourquoi les marchandises sont toujours emballées pour se rendre au Japon à pieds?!)

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(Vous voyez ci-dessus une idée créative de Maman Belette, qui ne recule devant rien pour agrémenter mon confort, ni pour se payer ma tête gentiment… Je porte donc un bas de Noël! Il n’y a que ça qui faisait!!)

Heureusement, j’ai repris du poil de la bête un peu. Quand j’ai su que cette journée morne, grise et froide, aussi lumineuse que la garde-robe de Christiane Charette et aussi excitante qu’un compte de taxes… Avait le culot d’être la journée internationale du bonheur, en plus de l’arrivée du printemps, je me suis dis: Belette, il est tard mais il faut que tu fasses ta part!

Évidemment, vu ma condition, mes suggestions pour vous inciter à chanter Y a d’la joie en dansant la claquette n’incluent pas de joyeuses libations et autres fesses-tivités… Personnellement, je redécouvre de petits bonheurs pris pour acquis, comme celui de prendre une bonne douche chaude, au lieu de se laver à la mitaine, paroisse par paroisse (pour employer cette délicieuse expression de Michel Tremblay). De quoi se sentir comme le monsieur surexcité dans sa douche en bois rond, avec son savon Irish Spring! La joie de faire quelque chose par moi-même, un truc vraiment extrême comme me chercher un verre d’eau. Ou le bonheur de porter un bas sur mon pied mariton, ce qui le garde bien au chaud. Avez-vous déjà savouré au maximum le doux plaisir de mettre un bas sur un pied glacé? Essayez ça, vous m’en donnerez des nouvelles!

Mais je connais deux panacées plus universelles au moral dans les bas-fonds: le brownie au caramel à la fleur de sel et… La Compagnie Créole! Dans une autre vie, j’avais toujours un CD de la Compagnie Créole dans ma trousse d’urgence au bureau, entre les aspirines et le détachant-pour-gaffeuse (Présente!!). Quand tout allait mal, je mettais La Machine à danser ou Collé collé dans l’intercom… Même le Schtroumpf grognon ne pourrait leur résister!

Ne vous découragez pas, je vais demander au printemps de commencer sans moi!

Chronique Courrier du Coeur: Des nouvelles de Blonde Inconnue Mystérieuse!

Vous avez été nombreux, surtout nombreuses, à vous passionner pour l’histoire de Coeur plein d’espoir dans la 45 Papineau. Ce jeune homme déterminé avait craqué pour une gente et jolie demoiselle blonde, dont le regard bleu pervenche ensoleillait ses matins… Malgré vos efforts (surtout) et les miens (un peu), ce délicieux récit romanesque à saveur d’autobus, loin du roman Harlequin classique, n’avait pas connu de dénouement.

Au lectorat jeunesse: Créée au Canada en 1949, Harlequin est une collection de romans d’amour en format sacoche publiés en 31 langues, faisant toujours rêver les femmes dans plus de 110 pays. La trame est généralement toujours la même et met en scène une femme intelligente et vive, souvent belle mais parfois vilain petit canard à repousse, ayant un urgent besoin d’une transformation beauté. Amèrement blessée par un ex sans scrupule parti avec son moule à quiche préféré, elle n’a besoin de personne (en Harley Davidson). Elle rencontre au bureau/congrès/usine au bord de la faillite/château délabré reçu en héritage/ranch du voisin, un beau ténébreux arrogant, un  peu louche. Elle le déteste au premier regard, lui la trouve superbe quand elle se fâche. Ils se chicanent, puis s’apprivoisent. Il fait taire ses craintes d’un baiser torride: «Chérie, laisse-moi t’expliquer!!». Elle comprend tout et commence à planifier son mariage en écoutant Canal Vie. Une vraie boîte de chocolats aux cerises pour l’âme!  Imaginez Twilight mais sans vampire, toujours avec un homme qui trouve les chemises totalement superflues.

Ô joie, Blonde Inconnue mystérieuse s’est manifestée! J’aurais voulu vous en parler en février, pour la Semaine internationale du Petit cœur après 9 heures (concept!!!!), mais j’ai eu un léger contretemps en forme de VUSVL… Elle a gracieusement et généreusement accepté que je vous donne de ses nouvelles (Merci!!). Imaginons que je lui ai prêtée ma plume colorée pour écrire un mot…

Allô Belette,

Me voici! Ça me fait tout drôle d’écrire ça, mais je me présente, Blonde Inconnue Mystérieuse!

J’ai lu ta Chronique et trouvé ça très mignon, mais ça m’a pris un long moment avant de réaliser que c’est bel et bien de moi dont tu parlais! La vérité a éclaté grâce à une perspicace amie commune. Bon, tu n’as été très généreuse sur les détails (une sorte de Rénald Paré de l’information pertinente) et je ne crois pas que tu aies un grand avenir comme détective ou variante, mais je ne te ferai pas de reproche, surtout depuis que tu imites à la perfection le flamant rose de Rosemont.

Je sais que bien des gens rêvent d’être ainsi reconnus et remarqués dans un lieu public… J’ai été très flattée, mais comme je suis d’un naturel discret, j’étais surtout intimidée de tant d’attention! Je ne savais pas trop comment ni quoi répondre, d’où mon silence. Mon cœur n’est pas à prendre et je ne voulais pas blesser qui que ce soit.

Je salue l’imagination et l’audace dont a fait preuve ton correspondant anonyme pour t’écrire et entrer en contact avec moi, je l’en remercie! Son initiative prouve aussi que le romantisme et la galanterie existent toujours et ça, en cet hiver long comme les séries éliminatoires, c’est une excellente nouvelle pour tous les cœurs pleins d’espoir!

Amicalement,
Blonde Inconnue mystérieuse

Chronique du calepin jaune: Souriez, on ne sait jamais!

Ma vie à cloche-pied m’éloigne de ma 45 Papineau adorée pour un certain temps… Dilemme. Cher public, dois-je te laisser chanter Je t’attendais de Daniel Hétu pendant des semaines ou t’entretenir de vernis à ongles ornementé (je sens d’ici ton enthousiasme, imagine le mien)…? Non. Je vais plutôt t’ouvrir les pages de mon calepin jaune.

Au lectorat jeunesse: Dans les années 70, Daniel Hétu était un pianiste, directeur musical et chanteur, à la voix tout aussi unique que son nombre de succès. Sa carrière fut marquée par sa chevelure permanentée, l’émission Les Tannants à Télé-Métropole et ses mémorables soupers-spectacles du samedi soir au Beaubien Déli. On pouvait d’ailleurs le croiser dans l’autobus 18 Beaubien, où il acceptait gentiment de pousser la ritournelle pour ses fans rougissantes de 80 ans et plus.

Avant de souffrir de la joyeuse maladie du iPhone, j’écorniflais dans l’autobus en griffonnant comme une démone dans un calepin jaune, offert par Maman Belette. (Maman Belette est une incomparable experte ès cadeaux totalement géniaux, tout en étant la déesse du cadeau étrange,  réservés à quelques privilégiés dont je suis, genre bobettes de Noël à clochette, fleur solaire qui chante La Macarena et crayon-poulet qui allume dans le noir. J’exagère à peine.) Ledit calepin jaune est en forme de bonhomme sourire, donc aussi discret qu’un clown dans un salon funéraire. Voici deux de ses anecdotes.

Un matin dans le métro bondé, parmi les gens somnolant dans une bulle de sommeil regretté, une jolie dame aux longs cheveux noirs, dans la fin quarantaine, arbore un subtil macaron, format soucoupe: Demandez-moi comment je peux changer votre vie? À chaque personne dont le regard croise le sien, elle offre un sourire lumineux, celui qui réchauffe le cœur, même à moins -78. On lui rend timidement la plupart du temps. Elle n’insiste pas. Par-dessus nos têtes, un homme très grand ose demander. Elle propose donc des ateliers «mieux-vivre» et vend des potions  à la ciboulette et autres pilules au bon goût de nuage. Son dépliant en couleurs passe de main en main pour se rendre jusqu’à l’homme intéressé, elle recrute des partenaires aussi… Il quitte tandis que la dame continue à sourire chaleureusement aux gens qui entrent, comme si elle les accueillait chez elle.

Dans l’autobus 18 Beaubien, voyage le sosie d’Anne de la Maison aux pignons verts. Dans la trentaine, elle a troqué ses robes à manches bouffantes pour un chaud parka, assorti à sa chevelure de feu. Un magnifique sourire presque trop large pour ses joues roses illumine son visage et ses yeux brillent. Un homme noir prend place. Elle engage cordialement la conversation, il est heureux de jaser, elle est si gentille! Puis elle lui demande si ça fait longtemps qu’il est au Canada, s’il a de la famille ici, un emploi… Ses questions dignes de l’Inquisition espagnole sont posées si courtoisement qu’on lui donnerait notre code Netflix sans crainte aucune! Comme son interlocuteur, nous apprenons qu’elle est une missionnaire américaine envoyée au Canada pour un an et demi, qu’elle est là pour aider son prochain et qu’elle en cherche justement, des prochains… L’homme quitte en souriant avec en poche la carte d’Anne en mission.

On peut être d’accord ou non avec le but, pas très bien dissimulé, de ces deux dames… Mais on sait jamais quelles batailles personnelles, petites ou grandes, livrent les gens au quotidien. Souvent, un simple sourire apaise, réconforte et réjouit, en crée un autre. Je suis persuadée qu’elles changent vraiment, l’espace d’un instant, la vie des gens qu’elles croisent. Même pas besoin de bonne parole ou de pilules au bon goût de nuage pour faire une différence.

Souriez généreusement!!

Chronique à cloche-pied: 10 points communs entre une Belette et un Ado-j’existe

Depuis mon accident avec un VUSVL, je déambule à cloche-pied dans un charmant Club Med «tout inclus» de Rosemont (personnel incroyable et dévoué, location idéale au rez-de-chaussée, nourriture santé avec délicieuse sélection de biscuits, soins excellents, je lui accorde au moins 7 étoiles et demi sur 5!). J’ai aussi constaté avec effroi, que dis-je, horreur, qu’une Belette en convalescence partage plusieurs traits de personnalité avec  l’Ado-j’existe (aussi connu sous son nom latin l’Ado-ben-quoi-j’ai-l’droit) dont certains spécimens typiques prennent confortablement leurs aises dans l’autobus 45 Papineau!

1- Je monopolise la meilleure place; la céder? Pffftttt! En fait, j’en prends au moins deux, sinon trois, pour m’évacher m’asseoir… Je laisse aussi traîner une jambe, sinon les deux, dans le milieu du chemin.

2- Je trimballe  ma vie (qui tient à peu de choses, pour une fois – le sac est petit!) dans un sac à dos avec lequel je ne crains pas d’accrocher les imprudents qui oseraient occuper mon espace.

3- Je ne fais pas grand-chose d’utile ou de pertinent dans une maison. Si par miracle (Sainte-Débrouillardise, priez pour nous!), je me prépare un sandwich, je laisse tout traîner. Toutefois, je me garde une petite gêne et ne saupoudre pas de miettes dans la mayonnaise, je ne suis pas (encore?) rendue là.

4- Je pitonne toute la journée sur mon téléphone cellulaire, touchée par les bons mots et les gentilles pensées de mon adorable réseau amical… Ou simplement affligée d’un Trouble Obsessif Compulsif du «J’aime». Heureusement, personne ne me demande Kess tu fè? (Ça dépend… Est-ce que te rayer de mes amies-is immédiatement, jouer à la princesse ou admirer mon pied postuler pour devenir une animation de Montréal en lumières comptent comme réponses???) 

5- Toujours sur ma prothèse sociale, j’écoute des vidéos et je joue à des jeux sans mettre mes écouteurs. Ben là, je peux bien déranger mon fidèle personnel qui se distrait et se repose de moi en regardant l’Antichambre ou la Commission Charbonneau!

6- On m’a greffé des pantalons mous!!!

7- Le sommeil, à part quand ça dérange quelqu’un, c’est tellement surévalué!

8- Se laver, c’est vraiment une tâche herculéenne! Soyons écolos, ça gaspille de l’eau chaude, en plus!

9- Je change de vêtements et génère autant de lavage qu’une Barbie… La laveuse fonctionne à l’eau froide, elle!

10- Je pense que tout le monde est à mon service. Mais je dis merci, quand même!

Misère!! Heureusement, pour moi comme pour l’Ado-j’existe, c’est temporaire! Enfin j’espère.. Un Ado-j’existe ignore que ce genre de comportements n’a pas d’allure… Pas moi!!!

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Chronique de l’Étrange: Le Courrier du pied mariton

Après le Courrier du genou de Foglia, le Courrier du pied!

Chère Belette,

Je ne sais pas trop comment tu vas, mais je doute fort qu’on te casse les pieds autant que moi! Après tout, ce n’est pas toi qu’on a écrasé sous un VUSVL!! Qui est bourgogne et verdâtre (quelle affreuse combinaison de couleurs!) avec des cloches, hein? Certainement pas toi; tu as conservé ton teint de jeune fille, malgré les efforts du chauffeur de taxi  amateur de reggae et de Vivaldi, qui a galamment fouetté ta joue rose avec ta ceinture de sécurité en te ramenant de l’hôpital!

Tu trouves chaussures rouges à ton pied et tu m’offres un pédicure de temps en temps (Message subtil: le dernier date de quand? Ça commence à urger!), mais je trouve que tu nous prends, moi et mon fidèle compagnon de gauche, pour acquis. Pas que je veuille être mis sur un piédestal, non, mais ce serait le pied que nos généreuses contributions à l’humanité soient appréciées à leur juste valeur! Que serait devenue Cendrillon sans son pied dénudé? Le Prince ne l’aurait certainement pas retrouvée sur Facebook! Est-ce que Félix Leclerc serait aussi célèbre sans sa chanson Moi, mes souliers? Comment aurait-t-on pu imaginer le marathon, le pèlerinage à Compostelle ou la Plaza St-Hubert sans nous, je te le demande!?

Maintenant que j’ai toute ton attention, j’espère bien la conserver quand tu seras remise sur pied et que tu retourneras écornifler dans l’autobus 45 Papineau! J’espère que les bizarres et les drôles seront à pied d’œuvre pour te surprendre à ton retour.

Ton pied droit

Belette et son pied mariton

Chronique de l’étrange: Parlez-moi z’en pas, j’ai mal au pied!

Samedi soir, votre Belette préférée fait son petit bonne femme de chemin vers le métro pour emprunter la 45 Papineau. D’humeur joyeuse, elle transporte des galettes mais a troqué le petit pot de beurre pour une bouteille de vin blanc frais, des Doritos et une banane.

Mon loisir de supermarché? Lorgner ce qu’achète la personne devant moi à la caisse et imaginer que le tout va servir à créer un seul plat, comme dans Chopped ou Masterchef Australie. (Bonjour, mon nom est Belette et je suis émissionsdecuisinolique!) Le suprême de saumon aux fraises et antisudorifique au lilas printanier, une combinaison qui promet!!! Imaginez des Doritos à la banane et au vin blanc!

Je traverse la rue au feu vert quand ma sombre silhouette gracile de bonhomme Michelin, emmitouflée triple épaisseur, échappe au conducteur d’un petit VUSVL, un Véhicule Utilitaire Sport Vert Laid.

Mon pied droit a la malencontreuse idée d’être sur son chemin… Il roule dessus.

– Arrêtez! Arrêtez! ARRÊÊÊÊÊÊTEZ!
Le conducteur, un rocker hirsute et barbiché dans la soixantaine, au chandail à tête de mort et la moitié de son poids en médaillons, sort avec le regard effarouché d’un Bambi.

– Oh my God, oh my God! Are you all right??? I’m sorry!!!!!
– NO, I’M NOT ALL RIGHT, YOU’RE STILL ON MY FOOT!!!!!!
– Oh my God!!!

Son véhicule vert laid est comme stationné sur mon pied!!!
Retour au véhicule du rocker hirsute aux gants noirs, à motifs de squelette!
Marche arrière.
Mon pied mariton, enfin libéré, a un drôle d’angle et ma botte neuve garantie -40 est légèrement explosée sur le côté.

Avec le calme de Denise Filiatrault, toujours assise dans la rue avec mes sacs, propre comme une lutteuse dans la boue, je hurle:
-Appelez une ambulannnnnnce!

Ma vie est une Chronique!!! C’est pour ça que j’ai malheureusement manqué notre rendez-vous d’hier.

Maintenant, mon pied est fier d’appuyer l’initiative de Denis Coderre et ressemble au drapeau gai, enflure, cloches, douleur et béquilles en prime. Pourtant, vous allez peut-être me trouvez bizarre, je ressens énormément de gratitude.
Pour le bon samaritain qui a vite appelé les secours et m’a tenu la main.
Pour les pompiers, policiers et ambulanciers que j’ai rapidement eu à mes pieds.
Pour le personnel de l’Hôtel-Dieu, présent, compétent et gentil en ce samedi soir où, contrairement à Saint-Dilon, il y avait beaucoup à faire.
Pour les Jeux Olympiques et nos valeureux athlètes qui me coûtent moins cher que les infomerciaux durant mes nuits d’insomnie.
Pour mes amies-is qui ont vite fait une chaîne de textos pour m’offrir de l’aide.
Pour la technologie et les réseaux sociaux qui m’ont permis de recevoir bons mots, encouragements, visites et soutien de partout et de toute sorte.
Pour Papa et Maman Belette qui me gâtent outrageusement, allant même jusqu’à beurrer mes toasts et éplucher mes bananes!
Pour la chance que j’ai eu, ça aurait pu être bien pire! J’ai même sauvé la bouteille de vin!

Les médias parlent souvent de l’individualisme de notre société et de l’indifférence des gens… Ça me fait chaud au cœur de constater, encore une fois, qu’on les a fait mentir!

Chronique de l’Étrange: Cher Journal…

Ça me fait drôle de m’adresser à toi comme ça… Après tout, je suis un journal, moi aussi! Bon, je n’ai ni licorne, ni cadenas-dont-la-clé-ne-barre-jamais… Je ne porte pas le titre d’intime, même si je fréquente les gens de très près, souvent même avant leur premier café… Mais je suis gratuit! Je t’écris pour ventiler un peu, avant de m’immoler par le feu devant un musicien motivé qui chante un peu faux… Bon, tu me diras que ce n’est pas le choix qui manque, mais quand même! Pas facile, ma vie!

Je ne peux jamais faire la grasse matinée. À l’aurore, un camelot (si c’est une dame, j’espère qu’on ne dit pas une camelote!?), que les gens oublient trop souvent de remercier ou de saluer, me distribue. Je voyage bien plié sous un bras qui me donne des sueurs froides. On m’oublie comme un vulgaire parapluie laid, me perd, m’annote, me piétine, me manque de respect! On me déchire pour une petite annonce ou une recette de pâté chinois… Ça me froisse!!

Des exemples? Un couple lit ses journaux et se les échange, comme on fait au restaurant, devant une belle assiette d’oeufs tournés à gauche.
– Chéri, me passerais-tu les sports svp?
– Avec plaisir, tes Canadiens ont encore perdu hier…
Ils oublient seulement qu’ils sont dans l’autobus et qu’un siège les sépare. Ledit siège est occupé par un inconnu, qui n’a pourtant rien en commun avec l’Homme invisible, et voit  passer pages et cahiers devant son visage ahuri.

Je gis sur le sol de l’autobus, seul comme un bas brun perdu. Un homme s’arrête en allant s’asseoir. Mais il doit souffrir d’un problème de lumbago ou d’ego (ça se ressemble tellement!), puisqu’il me regarde de haut, penchant à peine la tête pour lire mes grands titres.

Un homme assis m’ouvre tout grand, pour bien déranger; indifférent à la présence de sa voisine, il déploie ses coudes pour lui piquer les flancs.
Les flancs, les flancs… La contre-attaque des flancs, j’te gage?
Que lit-it d’un air si absorbé? Un article intitulé: Est-il temps de changer votre voiture? !! On se sert de moi pour empiéter sur l’espace commun, menacer la cohabitation harmonieuse; je me sens utilisé!

Tu comprends mon désarroi, cher Journal? Dans ma Musicographie, le narrateur pourrait dire d’une voix testiculaire:
– Après la pause, Journaaaaal Gratuit sombrrrrrre dans l’enfer du recyclage…

Mais si j’y pense un peu, il y a quand même des moments gratifiants…

Il y a les escadrons d’avions en papier ou les pirates de camps de jour aux chapeaux en journal; ça, ça me fait rire!

Par une journée torride (oui, oui, comme l’hiver, les impôts et Mario Pelchat, ça finit toujours par revenir!), une jeune fille déchire mes pages pour faire des éventails. Elle les distribue gracieusement à ses voisins humides de reconnaissance.

Un petit garçon qui lit un article pour sa mère en suivant chaque mot du doigt pour pratiquer sa lecture… Je  renseigne et je divertis, c’est important! Mais pour du pâté chinois… Qui a vraiment besoin de la recette??

Chronique de l’Étrange: Une galette et un petit pot…

45 Papineau, retour à la maison. La journée est longue et le froid, mordant. Dommage que les tartines de graisse de rôti de nos ancêtres cultivateurs ou bûcherons soient difficilement compatibles avec la sédentarité des comptes payables ou de la traduction. Ça, ça gardait son homme (et sa femme!) longtemps repus et bien au chaud!

Une dame monte à bord en compagnie de ses 3 enfants d’environ 5, 7 et 8 ans. La famille s’asseoit sur les strapontins, la mère au milieu, les enfants autour (et swingnez votre compagnie!). Elle distribue des berlingots de lait et des galettes à l’avoine pour les faire patienter. Le plus jeune a de belles joues rondes et des cheveux bouclés, il ressemble à un petit ours brun. Il se frotte le ventre par-dessus sa salopette:

– Miam, miam! C’est bon! Miam miam! C’est bon! c’est bon!

Aucun concours de miettes!  Entre deux bouchées, on raconte la journée, le ballon, la dictée. Comme un bébé oiseau qui reçoit la becquée, la maman ouvre un large bec. Du bout de ses petits doigts, chaque enfant partage généreusement sa galette au bon goût de bonheur.

Lointain héritage hippie, le poncho de laine tricoté se fait rare. Il semble (heureusement) avoir raté l’occasion d’effectuer un retour, contrairement aux couleurs fluo, aux bas en dentelle et à Fort Boyard. C’est surprenant d’en voir un dans l’autobus, en hiver, dans les teintes crème et rose. Qui plus est, ledit poncho à longues franges est porté avec une soutane et des bas dans des sandales… Par un homme d’un autre âge portant une barbe blanche et des anneaux d’or à chaque oreille, un joyeux croisement entre un Père Noël défroqué pour sauver les gens du joug de la surconsommation et un pirate au long cours. Malgré sa tenue parfaite pour passer incognito, l’homme a un regard d’une bonté telle qu’on en oublie presque son poncho. Presque.
NDLB: On m’a posé la question, alors je précise… Notre Père Noël des Caraïbes au poncho sent le frais, est très propre de sa personne et son poncho est étrange mais immaculé… Maman Belette dirait même qu’il est propre comme un jeune ingénieur!

En face, une femme sort de son sac à main un petit pot en métal, qui rappelle les p’tits poudings Laura Secord, chantés par les p’tits Simard dans les années 70. Pour cette ritournelle inoubliable, par ici! Ne me remerciez pas pour le vers d’oreille, ça pourrait être pire, j’aurais pu mettre (La vie) Chante lalalala!

Au lectorat jeunesse: René Simard et sa soeur Nathalie ont marqué les années 70 et 80 en devenant de jeunes stars de la chanson québécoise. Oui, avant l’Internet! Une version concours de sous-sol d’église de Justin Bieber! Ils ont beaucoup donné dans le volatile, avec de grands succès comme L’oiseau et La danse des canards, vendus à des milliers d’exemplaires. Puis L’amour a pris son temps quand Nathalie portait Un tout petit bikini que désapprouvait Goldorak. Comme un cri du coeur, René répond Tourne la page! Vous vous demandez Comment ça va? Triste histoire. Maintenant, René fait surtout de la mise en scène et Nathalie fait… son possible, je pense.

Comme dans la chanson, la dame «tire la bobinette, pas besoin d’assiette». La chevillette ne cherre pas, mais pas besoin d’ustensile non plus, puisqu’elle lèche consciencieusement le couvercle de métal. Sans se couper, elle le plie pour en faire une cuillère de fortune et mange son p’tit pouding avec joie, bonheur et volupté. Elle lèche ensuite le contenant pour qu’il soit bien propre, avant de le ranger dans son sac à main et recommencer avec un deuxième p’tit pouding!

– Miam! Miam! Maman?! Quand est-ce qu’on arrive?

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Quand on perd un grand-père aux drôles d’histoires ou une vieille tante adorable qui faisait le meilleur sucre à la crème du monde, on perd aussi un peu de la mémoire d’une famille. Imaginez un village… Nos pensées vous accompagnent, gens de l’Isle-Verte…