Chronique « Pour un flirt »: J’me tatoue ton nom tout partout*

45 Papineau, fin de soirée. Votre Belette préférée revient d’un événement professionnel mémorable, ravie et honorée d’être une variante de l’Employée du mois. J’ai l’expression faciale pétrie d’extase d’une femme qui mange des chips nonchalamment étendue sur une chaise longue au Club Med, pendant que George Clooney lui fait un massage de pieds. Mon sourire éclaire tel un phare dans la nuit; Times Square et le boulevard Taschereau n’ont qu’à bien se tenir!

Note: Avec cette introduction, vous aurez compris que je tourne sciemment le dos aux billets en vogue au début de l’année, les « soda » de résolutions. Je n’ai rien contre en soi, ni contre l’idée de s’améliorer (évidemment!), je suis simplement contre les mesures draconiennes! Souvent irréalistes et aussi difficiles à tenir qu’un enfant de trois ans couvert de bouette, on finit généralement par se sentir coupable, inadéquat ou vraiment poche. Bref, l’art de joindre l’inutile au désagréable! Mes conseils? Résistez au coûteux bidule miracle promettant des fesses d’enfer en 48 heures mais qui prend la poussière en 48 secondes, prenez soin de vous au quotidien (au lieu d’une semaine par année), riez et dites « je t’aime » plus souvent.

J’oubliais! C’est l’hiver, vous avez la peau chesse d’un crocodile qui a abusé du salon de bronzage, mettez de la crème à mains!!!

De retour à Belette et son air béat.

Un jeune homme souriant et plein d’assurance d’au moins 10 ans de moins que moi, cheveux longs, barbiche, large chapeau noir, manteau à longues franges, tatoué partout sur le cou et les mains, monte à bord. Complexe mélange entre un «Hell’s Angels à pieds» (un autre!), Belzébuth et Coeur de pirate.

Il lorgne avec convoitise le banc libre à côté de moi; j’ai un gros succès d’estime auprès de cette clientèle! Plus ils ont l’air d’un mauvais garçon ou pire, d’un portrait-robot, plus je les attire! Il s’installe avec l’envergure d’un chevalier qui rejette sa cape en arrière et me regarde avec gourmandise, telle une montagne d’ailes de poulet.

Après quelques banalités d’usage, se lance:
-T’es belle et t’as un beau sourire, aimerais-tu ça un tatouage? Tsé, kek chose de beau, là!

– Euh…?!?! (invente, Belette, invente! Vous, vous connaissez sans doute déjà mon avis sur les tatouages!?) Euh… J’ai peur des aiguilles.

Il me regarde d’un air confiant mais néanmoins compatissant, accompagné en sous-titre d’un: Tut, tut, tut… Pauvre p’tite, on voit ben qu’un vrai homme s’est jamais occupé de toé, Beauté!
– Faut pas avoir peur, j’suis très doux, tsé… J’fais une belle job, en douceur. Entécas, j’ai une shoppe de tatouages au coin de Papineau et Christophe-Colomb, tu viendras me voir, je vais te faire un bon rabais, tu vas voir, j’fais pas mal!

DING! À nouveau sauvée par la cloche! Rouge comme un camion de pompiers, je  bredouille un vague remerciement, accompagné d’une excuse douteuse et confuse.

Alors que je descends, je l’entends dans mon dos:
– Tu vas voir, j’te ferai pas mal!

Dites-moi?! Est-ce qu’il y a juste à moi que ça arrive, des histoires comme ça???

* Robert Charlebois, 1982

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8 avis sur « Chronique « Pour un flirt »: J’me tatoue ton nom tout partout* »

  1. Tu commence bien l’année ,excellente chronique sauf que pour l’orientation des rues…j’ai peur que tu finisse par t’égarer. André

    • Cher André, merci de t’inquiéter pour moi et mon sens de l’orientation souvent déficient! Je te rassure, je ne voulais pas donner le vrai nom des rues, alors j’ai donné deux rues parallèles par exprès… cette fois-ci. Parce que, je l’avoue, ça m’arrive de façon involontaire aussi! Merci de ta visite et de ton commentaire, bon ski s’il peut arrêter de pleuvoir!

    • Cher Tioneb, ça prenait bien deux rues parallèles pour te lire ici! J’ai fait exprès de nommer des rues parallèles mais j’avoue que pour les gens qui me connaissent bien, dont toi, ça avait l’air louche! Notre Belzébuth tatoué avait l’air aussi souriant que maléfique, alors GPS ou pas, je crois que ça aurait fait mal quand même! Merci de ta visite et de ton commentaire, n’oublie pas que tu peux t’abonner, même si tu le lis au bureau!

  2. Le 6 janvier
    J’adore le ton de cette chronique. le message passe très bien.
    Merci de me faire sourire en cette journée si merdeuse.
    Pierrette

    • Chère Madame, merci de me faire sourire aussi avec votre joli commentaire, vous êtes fine! Courage et n’oubliez pas d’attacher votre tuque avec de la broche, il vente!!! Bonne semaine!

    • Cher Mio, loin de moi cette prétention! Toutefois, après avoir lu les paroles de « Léopold Gibouleau » (merci, je ne me souvenais pas de cette chanson), je crois que l’idée des rues parallèles doit être un peu la même! Merci de ta visite, on est ben ouvert à vos commentaires, même pas besoin de payeeeeeeeeer l’cognac!

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