Chronique de l’Étrange: Terreur dans la 197

Mercredi soir, 197 Rosemont. Votre Belette est assise sur un banc à trois places, en compagnie d’un couple dans la vingtaine. Le jeune homme à casquette blanche accorde une pause syndicale à sa colonne vertébrale. La jeune femme, plutôt jolie, est habillée à la mode, c’est-à-dire pas trop. Le tissu, c’est un concept galvaudé, dépassé et tellement peu écologique!

Très détendus, mes comparses de siège, jouent à «Qui prend ses aises?».
Je suis vraiment poche à ce jeu-là.

Le jeune couple jase avec une amie, elle aussi vêtue d’une courte robe en Kleenex, plantée debout devant nous.
Paresse, 1
Galanterie, 0.

Terrifiée, l’amie pousse un grand cri et recule en sursautant. Tout près de ma propre sandale gauche, trottine, tout bonnement, comme Dora l’Exploratrice…

Un OGNI!!!!!

OGNI: Objet Grouillant Non Identifié.

AAAAAHHHHHHHHH!

Ma jolie voisine de banc reprend du tonus. Toujours assise, à grands coups de gougounes, elle exécute un impressionnant solo de claquettes, digne de River Dance! Tempo, détermination, contrôle, force brute, elle donne LA performance d’une vie.

L’OGNI termine violemment la sienne, écrapouti sous une gougoune verte.

Ma voisine replace ses cheveux, ses colliers et son décolleté. Son amie pointe un doigt accusateur vers la dépouille de l’infortunée créature, noire et grosse comme mon ongle de pouce:
– Y A UNE COQUERELLE DANS L’AUTOBUS!

Le choeur de la 197:
– Une coquerelle?
– Où ça, une coquerelle?
– OUACHE!
– Dans l’autobus?
– Quoi, une coquerelle dans l’autobus???
– Qu’on appelle J.E.!

Le copain à casquette sourcille à peine:
– Whaaat’s uppppp Baaaabe?

Belette, qui fixe son pied, son sac à malices juste à côté, L’OGNI (qui ne porte plus très bien son nom) et tente de calmer la boule naissante au creux de son estomac:
– KESSSÉÉÉ  ÇAAA?

Jolie voisine, d’un air dégoûté, mais néanmoins satisfait et triomphant :
– Je l’ai eue!!!! Non mais, qui est assez sale pour traîner sa coquerelle dans l’autobus?!?

Excellente question.

Chose certaine, cette jeune femme n’a pas froid aux yeux et n’a pas attendu son homme pour la défendre. Une belle leçon de courage et d’indépendance donnée aux enfants. Chapeau, Super Woman en gougounes vertes!

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8 avis sur « Chronique de l’Étrange: Terreur dans la 197 »

    • Chère Dame, vous êtes bien aimable! Je suis moi aussi enchantée de vous lire, ça donne un certain sens à ce que je fais, sinon ça me ferait un bien étrange (c’est le cas de le dire!) journal intime! Sans lecteur, mon blogue est comme Noël sans cadeaux ou une fête sans chips, il manquerait cruellement de pertinence! Merci de votre visite et de votre charmant commentaire!
      Belette 🙂

  1. Encore chute surprenante, et puis toujours de ces bijoux : « Le tissu, c’est un concept galvaudé, dépassé et tellement peu écologique! »

  2. Heureuse de cette solidarité féminine en chute de texte! Et toujours de ces bijoux: « Le tissu, c’est un concept galvaudé, dépassé et tellement peu écologique! »

    • Chère Mylène, bonsoir! Il semblerait que ça prend énormément d’eau pour produire du textile… Et as-tu pensé à tous ces polyester qu’on tue sans pitié? 😉
      Merci de ta visite, j’espère que tu passes un bel été!

  3. Ah, ces jugements à l’emporte-pièce : « qui est assez sale pour traîner sa coquerelle dans l’autobus?!? »…

    • Bonjour Emy! Je suis bien d’accord avec toi, vu que la coquerelle n’est pas renommée pour être le résultat d’une certaine malpropreté… En plus, ça ne se «traîne» pas très bien, ce n’est pas un chien en laisse, un chat dans une cage ou deux rats dans un sac réutilisable!!!! 😉 Merci pour ta visite!

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