Chronique de l’étrange, 45 Papineau: Quand l’appétit va, tout va!

Heure du retour à la maison dans la 45 Papineau. En face de votre Belette unique et préférée, est assise une femme au teint vert et aux cheveux affectés par une puissante tornade capillaire, complètement épuisée de sa journée. Ou épuisée tout court. Elle soupire en tenant sur ses genoux une boîte de Timbits. Elle n’a même pas la force d’en manger un seul!

À côté de Germaine la grenouille décoiffée, est assis un beau jeune homme d’une trentaine d’années. Il me rappelle quelqu’un… Mais qui?

Oui! Même de face, il a le profil du coureur grec des 12 travaux d’Astérix! Celui-là même qu’Astérix a battu à la course!

Toutefois, contrairement à Mérinos le coureur grec, il n’arbore pas un air impassible et ténébreux. La pupille hyperactive, le rouge aux joues, le petit sourire en coin, il lit chaque page d’un livre volumineux en se mordillant les lèvres. S’il était en sandales, je crois même qu’on pourrait voir son gros orteil gauche frétiller d’excitation!

Vous vous dites: Il doit lire le Guide de l’auto!!

Mauvaise réponse!

Il lit avidement… 50 nuances de Grey!!!

Encore!?! Au palmarès lecture de la 45, cet ouvrage figure tout en haut, mais lu par un homme, c’est une première ici. Je ne sais pas s’il prend des notes pour son prochain rendez-vous galant, mais chose certaine, il est affamé. Très affamé.

C’est le monde à l’envers! À mon avis, Germaine la grenouille décoiffée et Mérinos le coureur grec en autobus auraient du faire un échange, une transaction satisfaisante pour les deux parties: son livre contre la boîte de 40 Timbits!

Il y a toutefois un léger risque à se promener en autobus avec une boîte de Timbits.

Partageons une autre tranche de ma vie trépidante de Belette: Un jour, je monte dans l’autobus avec une boîte de Timbits, format moyen. La chauffeure, de stature à affronter Antoine Bertrand au tir au poignet sans gêne aucune, me scrute d’un air semi-accusateur. Elle secoue son index juste devant mon nez, comme Louise Deschatelets dans Chambres en ville:

– Madame! Si vous mangez tout ça, vous allez devenir grosse comme moi!

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