Chronique Mode, 45 Papineau: Dossier Mystère

Je partage ici avec vous ma profonde perplexité face à un étrange phénomène: les leggins improbables. (Merci à mon amie Lionne Sexy pour l’appellation).

Nés dans les années 60, les leggins connaissent la gloire dans les années 80. Sortis du gymnase pour envahir la ville, ils favorisent le grand écart dans les vidéos de danse aérobique d’artistes telles qu’Olivia Newton-John, Jane Fonda, Claire Pimparé, Michèle Richard et Soeur Angèle. Après des millions de copies vendues, nul ne saurait certifier combien ont été visionnées avec succès persévérance un gros Coke et un immense bol de crottes de fromage.

Soeur Angèle?! C’est juste pour vérifier si vous suivez.

(Olivia Newton-John… Le refrain de son plus grand succès à vie disait ceci: «Let’s get physical, physical, I wanna get physicaaaalllllllllll». Je me demande pourquoi Maman Belette me laissait chanter ça à tue-tête dans le voisinage en faisant du Big Wheel?)

À l’époque, le fixatif utilisé dans une seule école secondaire pour filles aurait pu porter l’odieux du gruyère creusé dans la couche d’ozone. Le bandeau en ratine était de mise pour faire son marché. Puis les leggins, VHS et autres 33 tours sont tous disparus, conservant une jolie place nostalgique au musée de notre mémoire collective.

Toutefois, comme un mal nécessaire, avec l’hiver et les impôts, les leggins sont revenus. L’autobus 45 Papineau foisonne de déroutants modèles.
– Trop minces: permettent à la cellulite de sa propriétaire d’exposer toute sa rage de vivre.
– Trop translucides: la couleur de vos sous-vêtements n’est un secret pour personne.
– À motifs à l’envers: les têtes de mort ou les croix dorées à l’envers, qui seraient supposément des symboles sataniques. Sur une ballerine de 13 ans avec des broches, ça a l’air d’un jeu « Trouvez l’erreur!? »
– Extensibles à grosses fleurs: Vêtue de la sorte, même Kate Moss ressemblerait au Jardin Botanique!
– À imprimés animaliers (léopard, serpent, zèbre, iguane…) FLUO: Misère!
– À motif foulard Hermès: orgie de couleurs vibrantes, chaînes à gros maillons, harnais dorés pour chevaux… Ça détonne avec un chandail en coton ouaté et un popotin ainsi couvert est regardé de façon absolument inconvenante.

Mesdames aux leggins improbables! Peu importe votre silhouette, vous pouvez porter ce que vous voulez, si vous voulez. Pourquoi trop dévoiler votre intimité? Surtout, pourquoi vous habiller d’une façon qui détourne l’attention de votre réelle beauté et de ce qui est vraiment important? Comme votre intelligence, votre respect de vous-même, votre compétence et votre sensibilité?

Vous méritez mieux.
Après les soutien-gorges, brûlons les leggins improbables!

P.-S. Mon blogue a fêté son premier mois d’existence hier. 2354 visites! Merci pour votre enthousiasme, vos rires, vos commentaires, votre présence!  Veuillez agréer l’expression de mes becs en pincettes les plus distingués.

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6 avis sur « Chronique Mode, 45 Papineau: Dossier Mystère »

  1. Et je te gage qu’avec des leggings improbables, les madames sont coiffées d’une ‘queue de cheval’ un peu gras, 70lbs en trop et des ballerines au pied!

    • Chère Mercédes, disons que les leggins improbables respectent bien le célèbre dicton… Comme un malheur, ils ne viennent jamais seuls!
      Merci pour ton commentaire!

    • Chère Mylène,
      Je ne crois pas avoir eu la folie passagère ou l’insouciance de porter un bandeau de ratine au supermarché, merci à Maman Belette qui veillait au grain! Mais je me rappelle qu’il était rayé rouge et blanc, avec les poignets de ratine assortis, d’un chic fou!
      Merci pour ton commentaire!

  2. Belette, c’est peut-être parce que je ne comprenais pas l’anglais que je te laissais
    chanter *Physical* à tue-tête en faisant du Big Wheel.

    • (rires) Ou encore parce que JE ne comprenais pas l’anglais, tandis que nos voisins âgés étaient à la fois limités dans leur connaissance de la langue de Shakespeare et un peu durs de la feuille!

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