Chronique de l’étrange: Les hauts et les bas d’un sosie de Mario Pelchat

Vers 18 h un p’tit soir ordinaire de début de semaine, un sosie de Mario Pelchat monte dans l’autobus Papineau. Imaginez une version «45» de Mario Pelchat qui aurait largement atteint la plus que soixantaine, mais porterait toujours le toupet en houpette (relisez ça à voix haute, ça rime!), ainsi que les vêtements de sa période «Pleurs dans la pluie», 1993. Précisons quand même que le manteau de cuir-mort-de-peur à col Mao et lettrage beige et les bottes de moto lui vont toujours comme un gant.

Vous me direz: Ce n’est pas un sosie, ça, Belette!
Ma foi, vous avez raison! Est-ce une paraphrase ou une métaphore de Mario Pelchat, dans 15 ans d’ici, habillé et coiffé comme il y a 20 ans? Je suis perplexe!

Donc, Mario-Pelchat-devenu-vieux monte dans la 45 Papineau avec plusieurs sacs d’épicerie dans les mains. S’assoit de trois-quarts au bord de son siège, dans une posture aussi naturelle que confortable(!). Il fouille dans un de ses sacs pour en tirer une paille et… une canette de bière! Rappelons que même si les Canadiens font les séries, il est un peu prématuré de boire à la Coupe Stanley, ou encore célébrer le Noël du Campeur, raisons qui pourraient être socialement acceptables de boire dans la 45 Papineau à 18 h!

Mais l’avènement des sacs recyclables (le sac de papier brun étant devenu une espèce menacée!) complique le camouflage de la bière bue en public. Alors Mario-Pelchat-devenu-vieux couvre la canette de ses deux mains (une au-dessus de l’autre), une posture tout aussi naturelle que subtile(!!), pour prendre une solide et tonitruante gorgée. À la paille!!

Sortez les chips, les pinottes et les oeufs dans le vinaigre! C’est «l’Happy Hour» dans la 45 Papineau! Mais prenez des pailles, les verres stérilisés coûtent trop cher de vaisselle!

Il se sent observé par ses voisines de banc d’en face… Comment peut-il en être autrement? Le bruit fait en aspirant sa première gorgée pourrait être confondu avec celui d’un éléphant assoiffé qui serait aussi danseur étoile de ballet, puisque Mario-Pelchat-devenu-vieux bat frénétiquement l’air de ses pieds tout en buvant.

Il fait de gros yeux à ses voisines puis s’exclame:
-Vous me regardez?
– Non, non…
– Oui, vous me regardez! Mais faites-vous z’en pas, je ne vous ai rien garroché avec mes pieds, j’essaie juste de replacer mes bas!

Le conseil pratico-pratique de Belette Optimiste: si vos bas descendent dans vos bottes, battez des pieds pour les replacer. Si ça ne fonctionne pas, essayez la bière, vos bas vous fatigueront moins.

P.-S. Maman Belette trouve que c’est très avantageux de s’abonner à mon blogue. On peut recevoir chaque nouvelle chronique directement par courriel, au lieu de venir visiter le site chaque jour, les yeux remplis d’espoirs. En plus, c’est gratuit! Elle m’a suggéré de trouver une façon subtile de vous le dire. Laissez-moi méditer là-dessus, je vous reviens!!

Advertisements

7 avis sur « Chronique de l’étrange: Les hauts et les bas d’un sosie de Mario Pelchat »

  1. J’étais une fan finie de Mario Pelchat dans ma tendre enfance et la description faite ci-haut a ravivé de merveilleux souvenirs. Merci Belette Optimiste, je passerai une belle journée en rêvant de Mario Pelchat prenant l’autobus et buvant l’apéro avec ses amis de la 45 Papineau 😉

    • Chère Madame Juliefanfinie, je suis heureuse que les souvenirs ravivés étaient merveilleux, le contraire était risqué… Mais je vous rassure, si le vrai Mario Pelchat ressemble à celui de la 45 dans une quinzaine d’années, il vieillit bien et n’a pas de bedaine, juste des problèmes de paille et de bas, ce qui est un moindre mal. Merci de votre commentaire!

  2. En ma qualité de personne qui a) a souvent des problèmes de bas qui descendent et b) trouve que la bière c’est mauvais, sauf si tu es déjà saoul (dixit Lewis Black), le Mario Pelchat de la 45 a peut-être mis le doigt sur quelque chose…

    • Si je comprends bien, Monsieur de Trois-Mâts, Mario-Pelchat-devenu-vieux pourrait être théoricien se consacrant aux troubles d’adaptation à la chaussette descendante? Voilà qui est intéressant, je n’avais pas vu ça sous cet angle! Merci de vos lumières!

  3. Ayant fait mes études secondaires dans un « institut familial » tenu par des religieuses qui prenaient l’uniforme très au sérieux et condamnaient les écarts de conduite vestimentaire à coups d’amendes de 10 sous par bas « ravalé », j’énonce l’hypothèse suivante : M. Pelchat-devenu-vieux se dépêche de boire sa bière pour pouvoir toucher les 10 sous par canette qui lui seront nécessaires pour payer l’amende applicable à l’infâme ravalement des bas… Sûrement un autre traumatisé des couvents…

    • La_Martine, bonsoir! Je ne connaissais pas les amendes de 10 sous, ce n’était pas la mode au collège où je suis allée, c’était certainement traumatisant! Comme certaines sortes de bières valent 20 sous, ce serait parfait pour deux amendes, une par bas, dans le cas de Mario-Pelchat-devenu-vieux. Je me demande… Si les religieuses infligeaient encore ce genre d’amendes, avec l’inflation, que seraient 10 sous devenus??? Merci pour ta visite et ton commentaire!

  4. Ping : Rétrospective 2013: 3-2-1, Bonne année! | Les chroniques de la 45 Papineau

Les commentaires sont fermés.